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Actualités de l'immobilier

Immobilier : bientôt un PTZ familial de 100 000 euros pour aider les parents à acheter ?

La France traverse une crise démographique silencieuse mais profonde. En 2025, le pays a enregistré pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale plus de décès que de naissances. Avec seulement 1,56 enfant par femme — niveau le plus bas depuis la Première Guerre mondiale — et 645 000 naissances, soit 24 % de moins qu'en 2010, le décrochage est réel, durable, et lourd de conséquences économiques. La proposition de loi n° 2679, défendue par la députée Constance de Pélichy et débattue à l'Assemblée nationale le 28 mai 2026, s'attaque à l'un des freins les plus concrets et les moins discutés de cette crise : le logement. Elle propose en effet un PTZ familial, accessible dès la déclaration de grossesse et jusqu'aux cinq ans de l'enfant, qui pourrait atteindre 100 000 euros sans conditions de revenus, pour l'acquisition ou l'agrandissement de la résidence principale.

Le logement, angle mort des politiques natalistes

On parle beaucoup des aides à la garde d'enfants, du congé parental, des allocations familiales. On parle peu du logement. Pourtant, sur le terrain, les conseillers l'Adresse l'entendent tous les jours : les familles ne renoncent pas à un deuxième ou troisième enfant par manque d'envie. Elles y renoncent faute d'espace — et faute de moyens pour obtenir cet espace. « On ne fait pas d'enfant quand on n'a pas de place pour l'accueillir. C'est une réalité que les professionnels de l'immobilier connaissent bien, et que les politiques publiques ont longtemps ignorée », affirme Brice Cardi.
Une naissance, c'est souvent 10 à 15 m² supplémentaires dont on a besoin. Une chambre pour le bébé, demain pour l'enfant, après-demain pour l'adolescent. Ce besoin est simple, concret, universel. Et pourtant, son coût réel est systématiquement sous-estimé.

Le vrai coût d'une chambre supplémentaire

Prenons un exemple concret à Angers, où le prix au m² atteint aujourd'hui 3 500 €. Acquérir 12 m² supplémentaires représente 42 000 € de foncier. Mais ce n'est qu'une partie du coût réel. Pour une famille déjà propriétaire, déménager dans un logement plus grand implique bien davantage : abandonner un crédit en cours à 1 % — taux qu'il est aujourd'hui impossible de retrouver sur le marché —, supporter un crédit-relais, régler de nouveaux frais de notaire (7 à 8 % du prix d'acquisition) et rembourser des indemnités de remboursement anticipé. « La chambre supplémentaire peut coûter jusqu'à 100 000 €. Ce n'est pas un détail. C'est parfois ce qui fait la différence entre deux enfants et trois, ou entre un enfant et aucun », souligne Brice Cardi.

L'enjeu dépasse d'ailleurs le seul budget familial. Une natalité basse, c'est à terme moins de cotisants, un système de retraite sous pression, des dépenses publiques en santé et dépendance qui s'envolent. La Cour des comptes estime que, sur la base d'une fécondité durablement basse, le déficit des retraites pourrait se creuser de 30 milliards d'euros par an d'ici 2070. Le logement des familles est donc aussi un sujet de finances publiques.

Pourquoi ce PTZ est une avancée majeure

La grande force de cette proposition de loi instaurant un PTZ familial de 100 000 €, c'est de ne pas le réserver aux seuls primo-accédants. Il serait en effet accessible dès la déclaration de grossesse et jusqu'aux cinq ans de l'enfant, sans conditions de revenus, pour l'acquisition ou l'agrandissement de la résidence principale, qu'on soit déjà propriétaire ou non.  C'est une rupture avec la logique habituelle des dispositifs d'aide à l'accession, et c'est précisément ce qui la rend efficace. « C'est rarement au premier achat qu'on manque de place. C'est au deuxième ou troisième enfant. Jusqu'ici, les familles déjà propriétaires n'avaient aucune solution. Ce PTZ change la donne », explique Brice Cardi.

Une famille déjà propriétaire, qui rembourse un crédit à 1 %, se retrouve aujourd'hui piégée. Reprendre un crédit à 3,5 ou 4 % pour gagner une chambre, c'est souvent économiquement absurde. Ce PTZ familial débloque exactement cette situation. Au-delà des familles directement bénéficiaires, ce dispositif produira un effet de rotation positive sur l'ensemble du marché : les familles qui achètent plus grand libèrent de petites surfaces très demandées par les jeunes actifs et les étudiants, tandis que les locataires qui accèdent à la propriété libèrent des logements pour d'autres ménages. Le marché locatif, structurellement peu adapté aux grandes familles avec une offre de T4 et T5 rare et chère, bénéficiera lui aussi indirectement de cette fluidification.



Le logement n'est pas un frein à la natalité par fatalité. Il l'est par manque de politique adaptée. Cette proposition de loi en est une — concrète, ciblée, efficace. Elle reconnaît enfin que pour beaucoup de familles françaises, le troisième enfant n'attend pas une décision de cœur. Il attend une chambre. « Nous appelons les parlementaires à adopter ce texte. Une chambre de plus ne devrait pas coûter un enfant de moins », conclut Brice Cardi.

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